La Haute juridiction saisie à la suite de difficultés intervenues dans le règlement de la succession d’un couple commun en biens, où un héritier réclamait une action en déclaration de simulation concernant des donations réalisées sur les biens communs, rejette l’irrecevabilité pour prescription prononcée par la juridiction du fond, et apporte des précisions concernant les délais d’une telle demande.
Au visa des articles 920, 921, alinéa 2, 1438 et 1439 du Code civil, la Cour de cassation rappelle que « les libéralités, directes ou indirectes, qui portent atteinte à la réserve d'un ou plusieurs héritiers, sont réductibles à la quotité disponible lors de l'ouverture de la succession » et que « sauf clause contraire, la donation de biens communs est réputée consentie à concurrence de moitié par chacun des époux, de sorte que sa réduction ne peut être demandée par leurs enfants communs qu'à due proportion, à l'ouverture de chacune des successions des co-donateurs ».
Ainsi, l’arrêt de la Cour d’appel qui fixait comme point de départ du délai de prescription de 5 ans de l’action, celle du décès du premier donateur (la mère) est cassé, et la chambre civile retient que la demandeuse disposait d'un délai de cinq ans à compter du décès du dernier donateur (le père), pour engager une action en réduction relative à la succession de celui-ci.
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