RESPONSABILITE SALARIE – L’indemnisation intégrale des salariés victimes d’une faute inexcusable de l’employeur : rejet de la QPC

RESPONSABILITE SALARIE – L’indemnisation intégrale des salariés victimes d’une faute inexcusable de l’employeur : rejet de la QPC

Publié le : 13/10/2023 13 octobre oct. 10 2023

QPC. Cass. civ 2ème du 5 octobre 2023, n°23-14.520 


Un salarié, victime d’un accident du travail et sollicitant la reconnaissance de la faute excusable de son employeur, avait saisi la Cour de cassation de la question prioritaire de constitutionnalité suivante : « L'article L. 452-3 du code de la sécurité sociale est-il contraire au principe d'égalité devant la loi et les charges publiques énoncé aux articles 1er, 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ainsi qu'au principe de responsabilité, qui découle de son article 4 ? ». 

La Cour de cassation rappelle dans un premier temps que la disposition contestée a déjà été déclarée conforme à la Constitution dans la décision n° 2010-8 QPC rendue le 18 juin 2010 par le Conseil constitutionnel, sous la réserve qu'en présence d'une faute inexcusable de l'employeur, les dispositions de l'article L. 452-3 du code de la sécurité sociale ne sauraient toutefois, sans porter une atteinte disproportionnée au droit des victimes d'actes fautifs, faire obstacle à ce que ces mêmes personnes, devant les juridictions de sécurité sociale, puissent demander à l'employeur réparation de l'ensemble des dommages non couverts par le livre IV du code de la sécurité sociale. 

Dans un second temps, elle s’intéresse à un revirement de jurisprudence, du 20 janvier 2023, en vertu duquel elle juge désormais que la rente versée à la victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle ne répare pas le déficit fonctionnel permanent, et que, dès lors, la victime d'une faute inexcusable de l'employeur peut obtenir une réparation distincte du préjudice causé par les souffrances physiques et morales par elle endurées. 

La Cour de cassation s’appuie sur la doctrine qui considérait, en majorité, que cette modification de jurisprudence, réalisée par deux arrêts rendus en Assemblée plénière le 20 janvier 2023 aux pourvois n° 20-23.673 et n° 21-23.947, respectait l’objectif fixé par le Conseil constitutionnel dans sa réserve pour déduire que cette jurisprudence ne pouvait pas, par conséquent, constituer un changement de circonstance de droit susceptible de modifier l’appréciation de la conformité de cette disposition à la Constitution. 

Concluant donc à l’absence de changement de circonstances justifiant un nouvel examen, la Cour de cassation rejette la question prioritaire de constitutionnalité. 

Lire la décision … 

Historique

<< < ... 366 367 368 369 370 371 372 ... > >>

Suggestion d'articles

Le bail rural consenti par un coïndivisaire est opposable au donataire, dès lors que celui-ci en avait connaissance lors de la donation !

Publié le : 13/03/2026 13 mars mars 03 2026 08h00 08 00
Articles / Rural
Le bail rural consenti par un coïndivisaire est opposable au donataire, dès lors que celui-ci en avait connaissance lors de la donation !
...

Assurance-vie : quand les primes deviennent manifestement exagérées

Publié le : 12/03/2026 12 mars mars 03 2026 08h00 08 00
Fiches pratiques
Fiches pratiques / Divers
Assurance-vie : quand les primes deviennent manifestement exagérées
...

Quand et comment changer de régime matrimonial en cours d’union ?

Publié le : 11/03/2026 11 mars mars 03 2026 14h00 14 00
Fiches pratiques
Fiches pratiques / Civil
Quand et comment changer de régime matrimonial en cours d’union ?
...