Le droit à la vie privée ne s’éteint pas aux portes de l’entreprise : les salariés conservent une sphère personnelle, notamment protégée par l’article 9 du Code civil et la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Mails personnels, navigation sur internet, communications privées sont autant d’éléments qui, sauf abus, relèvent de cette zone de confidentialité. Pour autant, ce droit au respect de la vie privée n’est pas absolu, puisque lors d’un litige, l’employeur peut, sous certaines conditions, produire des éléments de preuve issus de la sphère privée du salarié.
La Cour de cassation a encore illustré cette difficile conciliation entre le droit au respect de la vie privée des salariés et le droit à la preuve des employeurs, dans un arrêt du 26 février 2025.
Pendant l’exécution de son préavis de démission, un salarié, directeur de site, échange une série de mails dans le cadre de pourparlers en vue de la création d'une société concurrente et de la divulgation d'informations confidentielles de l'entreprise auprès de professionnels susceptibles de travailler pour des entreprises concurrentes.
Ces échanges sont effectués depuis sa boîte mail personnelle.
L’employeur se fonde sur ces échanges pour mettre un terme au préavis pour faute grave et solliciter des dommages et intérêts pour exécution déloyale du contrat de travail.
L’occasion est ainsi donnée à la Cour de cassation de rappeler que le droit à la preuve peut justifier la production d'éléments portant atteinte à la vie privée à la condition que cette production soit indispensable à l'exercice de ce droit et que l'atteinte soit proportionnée au but poursuivi.
En l’espèce, elle précise que la production en justice par l'employeur de courriels provenant de la messagerie personnelle du salarié constituait bien une atteinte à la vie privée de ce dernier.
Néanmoins, elle ajoute que cette production était indispensable à l'exercice du droit à la preuve et proportionnée au but poursuivi, soit la défense de l'intérêt légitime de l'employeur, la préservation de ses intérêts et la confidentialité de ses affaires.
En effet, l’employeur s’était limité à verser aux débats les messages échangés par le salarié avec ses partenaires pour préparer et négocier le rachat d'une société de ventes de véhicules de même standing que ceux vendus par son employeur et leur faire parvenir des informations confidentielles.
Outre cette confirmation de la possibilité de produire en justice des éléments relevant de la sphère privée du salarié, la Cour de cassation en profite également pour rappeler que la responsabilité pécuniaire du salarié à l'égard de son employeur ne peut résulter que de sa faute lourde.
Elle infirme dès lors l’arrêt d’appel en ce qu’il avait condamné le salarié à verser 200 000 euros à titre de dommages-intérêts en réparation de l'exécution déloyale du contrat de travail.
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