COMMERCIAL – Critiques d’un concurrent : dénigrement ou liberté d’expression ?

COMMERCIAL – Critiques d’un concurrent : dénigrement ou liberté d’expression ?

Publié le : 27/07/2023 27 juillet juil. 07 2023

Cass. com du 28 juin 2023, n° 22-13.442

Le fait, pour un acteur économique, de jeter publiquement le discrédit sur un concurrent, un produit ou un service afin de bénéficier d’un avantage concurrentiel est constitutif de dénigrement. Cependant, lorsque la critique d’un produit ou d’un service est exprimée avec une certaine mesure, en se rapportant à un sujet d’intérêt général et en se fondant sur une base factuelle suffisante, elle relève de la liberté d’expression. C’est dans ce contexte que la Cour de cassation a rendu, le 28 juin 2023, une décision portant sur des propos attaqués pour dénigrement.


Deux sociétés en investissements financiers ont assigné en référé une société concurrente aux fins de voir ordonner la suppression d’une vidéo du président de la société du site internet, lui reprochant un acte de dénigrement.

Non seulement la Cour d’appel n’a pas fait droit à leurs demandes, mais elle les a également condamnés in solidum pour procédure abusive. D’une part, les juges du fond ont relevé que la sanction du dénigrement devait être conciliée avec la liberté d’expression dont le rang normatif est supérieur. De plus, l’analyse était fondée sur des éléments factuels vérifiables, à l’occasion d’un entretien destiné à informer les téléspectateurs sur le thème abordé. Il en résultait que ces propos n’étaient pas constitutifs d’un acte de dénigrement, mais relevaient de la libre critique. 

D’autre part, la Cour d’appel a retenu que les demanderesses ne pouvaient pas ignorer que les propos tenus n’avaient aucun caractère péjoratif ou dénigrant et que l’intervention du président avait été volontairement tronquée, en ne retranscrivant pas l’intégralité des propos. Insatisfaites, les demanderesses se sont pourvues en cassation.

Sur le premier point, la Cour de cassation confirme le raisonnement de la Cour d’appel et affirme que faute de justifier d’un trouble manifestement illicite, les sociétés ne pouvaient obtenir une condamnation pour des propos mesurés, se rapportant à un sujet d’intérêt général et reposant sur une base factuelle suffisante. 

En revanche, la Haute juridiction casse et annule l’arrêt au visa de l’article 1240 du Code civil. Elle considère que l’appréciation inexacte qu’une partie fait de ses droits n’est pas en soi constitutive d’une faute au sens de ce texte.

Lire la décision…

Historique

<< < ... 387 388 389 390 391 392 393 ... > >>

Suggestion d'articles

Burn-out, stress, dépression : une reconnaissance en maladie professionnelle est-elle possible ?

Publié le : 04/03/2026 04 mars mars 03 2026 08h00 08 00
Fiches pratiques
Fiches pratiques / Social
Burn-out, stress, dépression : une reconnaissance en maladie professionnelle est-elle possible ?
...

Travaux en cours : quelles formalités pour ajuster le permis de construire ?

Publié le : 03/03/2026 03 mars mars 03 2026 08h00 08 00
Articles / Public
Travaux en cours : quelles formalités pour ajuster le permis de construire ? - Crédit photo : © @freepik
...

Les obligations du vendeur en matière de performance énergétique

Publié le : 02/03/2026 02 mars mars 03 2026 08h00 08 00
Fiches pratiques
Fiches pratiques / Immobilier
Les obligations du vendeur en matière de performance énergétique
...