Derrière un litige en apparence contractuel sur le paiement de commissions, la Cour de cassation rappelle une exigence préalable souvent négligée : la régularité du statut du courtier.
En l’espèce, un assureur contestait sa condamnation à verser plus de 300 000 euros de commissions, en soutenant que le courtier ne justifiait pas des conditions légales lui permettant de percevoir une rémunération.
Après avoir admis la recevabilité du moyen, la Cour se fonde sur les articles L. 511-1 et L. 512-1 du code des assurances, ainsi que sur les articles R. 511-2 et R. 511-3 du même code, pour rappeler que l’activité d’intermédiation ne peut être rémunérée que si le courtier est à la fois inscrit au registre du commerce et des sociétés et immatriculé à l’ORIAS.
Or, pour condamner l’assureur, la cour d’appel s’était appuyée sur un protocole d’accord reconnaissant au courtier le droit à commissions, sans vérifier concrètement le respect de ces exigences légales pour les périodes concernées.
La décision est censurée pour défaut de base légale : il appartenait aux juges du fond de rechercher si le courtier remplissait effectivement ces conditions, qui constituent un préalable indispensable à toute rémunération.
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