En principe, les établissements publics de santé et les établissements d'hébergement peuvent exercer une action directe contre les débiteurs alimentaires des personnes qu'ils accueillent afin d'obtenir le remboursement des frais d'hébergement. Lorsque ce recours porte sur une période antérieure à la demande en justice, la règle selon laquelle « les aliments ne s'arréragent pas » s'apprécie uniquement au regard de la personne hébergée, créancière d'aliments.
En l'espèce, un EHPAD a assigné les enfants d'une résidente afin d'obtenir leur contribution aux frais d'hébergement de leur mère, à compter du moment où celle-ci n'était plus en mesure d'en assurer le paiement. L'établissement soutenait que l'état de santé de la résidente, dont les facultés cognitives étaient fortement altérées, l'avait empêchée d'agir elle-même contre ses débiteurs alimentaires.
La Cour d'appel a limité la contribution des enfants à compter de la date de l'assignation délivrée par l'EHPAD. Elle a retenu que, si la résidente était dans l'incapacité financière de faire face à ses frais d'hébergement, l'établissement ne démontrait pas avoir été lui-même dans l'impossibilité d'exercer plus tôt son recours contre les débiteurs alimentaires.
La Cour de cassation casse l'arrêt. Elle rappelle que, dans le cadre de l'action directe ouverte aux établissements de santé par l'article L 6145-11 du Code de la santé publique, la règle selon laquelle les aliments ne s'arréragent pas s'apprécie exclusivement au regard de la personne hébergée.
Dès lors que l'état de santé de la résidente l'empêchait d'agir dans son intérêt et excluait toute renonciation à réclamer une contribution à ses débiteurs alimentaires, l'EHPAD était fondé à solliciter le paiement d'une pension alimentaire pour une période antérieure à sa demande en justice.
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