Des faits commis dans la vie privée peuvent-ils conduire à un licenciement ?
Lorsque à la suite d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle, un salarié est déclaré inapte, son employeur doit envisager son licenciement, sauf à pouvoir procéder à son reclassement. En vertu de l’article L.1226-14 du Code du travail, le licenciement pour inaptitude professionnelle ouvre droit à une indemnité spéciale de licenciement ainsi qu’à une indemnité compensatrice de préavis.
L’indemnité compensatrice de préavis donne-t-elle droit à congés payés comme un préavis classique ? Telle est la question soumise à la Cour de cassation dans un arrêt rendu en janvier 2024.
Dans cette affaire, un salarié avait été victime d’un accident de travail avant d’être déclaré inapte à son poste par le médecin du travail. S’en était logiquement suivi un licenciement pour inaptitude, le reclassement s’avérant impossible.
Le 31 janvier 2018, faisant valoir que son accident du travail résultait d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité, le salarié avait saisi le Conseil de prud’homme de Carcassonne.
En appel, l’employeur avait notamment été condamné au paiement d’une indemnité compensatrice de congés payés afférente à l’indemnité compensatrice de préavis perçue en application de l’article L.1226-14 du Code du travail.
Devant la Cour de cassation l’employeur faisait grief à l’arrêt d’appel de l’avoir condamné à payer au salarié une somme au titre de l’indemnité compensatrice de congés payés afférente à l’indemnité compensatrice de préavis.
(1) Cass. soc. 29/03/2023, n°21-21.211
Référence de l’arrêt : Cass. soc du 10 janvier 2024, n°22-17.851
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