En cas de litige relatif aux heures supplémentaires, la charge de la preuve est partagée : le salarié doit produire des éléments suffisamment précis sur les heures qu’il prétend avoir accomplies, et l’employeur, qui a l’obligation de contrôler et conserver les données relatives au temps de travail, doit alors répondre en produisant ses propres éléments justificatifs.
C’est sur la base de l’ensemble de ces éléments que le juge forme sa conviction.
Dans une décision rendue le 25 juin 2025, la Cour de cassation rappelle fermement ces principes.
En l’espèce, un salarié produisait un grand nombre de pièces : centaines de courriels horodatés, tableaux récapitulatifs par mois et par année, détail des heures majorées, mais pour la Cour d’appel, ces éléments restaient insuffisants, au motif que le salarié procédait à des estimations moyennes par semaine sans pouvoir croiser ces données avec un décompte fiable.
La Cour de cassation censure ce raisonnement et relève que les pièces présentées étaient suffisamment précises pour permettre à l’employeur de répondre, mais que ce dernier n’avait produit aucun élément de contrôle du temps de travail.
En exigeant du seul salarié la preuve complète des heures effectuées, sans tenir compte de l'inaction de l'employeur, la Cour d’appel a violé l’article L 3171-4 du Code du travail.
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